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L'IA : une déclaration revisitée

L'IA façonne déjà nos vies, souvent à notre insu. Entre emplois, armes et climat, c'est notre propre nature qu'il faut interroger.

Il y a quelques mois, j'ai écrit une série « L'IA : le bon, la brute et le truand ». En voici une version « redux ». À bien des niveaux, l'IA façonne déjà nos vies - et c'est peut-être le plus inquiétant - sans même qu'on le remarque. Images Google, suggestions Amazon, recommandations Netflix : c'est de l'IA. Et nous n'en sommes qu'aux premiers stades.

J'ai un mauvais pressentiment...

Son usage semble sans limite. Selon le City Journal, l'IA remplacera 230 000 travailleurs de la finance d'ici 2025. La Banque mondiale estime que « 57 % des emplois des pays de l'OCDE pourraient être automatisés dans les deux prochaines décennies ». La création serait à l'abri ? L'IA sait déjà écrire, produire des images quasi réelles, converser naturellement. Comme le note Max Tegmark dans Life 3.0, on pourrait atteindre l'« intelligence artificielle générale ».

J'ai un pressentiment encore pire...

L'industrie militaire est en pointe depuis des décennies : marché IA-robotique de défense évalué à 39,22 milliards en 2018. Les armées utilisent déjà drones, navires autonomes et tourelles pilotées par IA - et le terrorisme peut détourner ces outils. Lohn et Geist s'interrogent sur la tentation des neuf puissances nucléaires de construire des machines « stratèges ». Cambridge Analytica a prouvé que l'IA peut manipuler les individus. Derrière ces dérives, c'est notre propre nature qu'il faut interroger. Nous sommes les créateurs. Nous sommes responsables.

Toujours voir le bon côté des choses

Les pouvoirs de l'IA dépendent de nous : serons-nous les professeurs ou les élèves ? Comme tout âge de progrès, la course à l'IA provoquera d'abord une crise, puis un essor : on estime un solde net positif d'un demi-million d'emplois. Dans la santé, l'IA libère du temps d'analyse pour le consacrer aux soins.

Allumer la révolution avec prudence

Les GAFA ont fourni les allumettes ; mais si l'on démarre un feu, il faut 1) le contrôler et l'encadrer, et 2) garder des extincteurs prêts. Sans quoi, il ne resterait que poussière et cendres de notre civilisation.

Il y a bien plus de raisons de se réjouir que de s'attrister. Nous sommes maîtres de notre destin, à condition de vouloir offrir un avenir durable à notre civilisation. Avançons.

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