La fin de la propriété intellectuelle (ou l’inverse)

Nous ne soulignons pas assez la limite de la durée de vie de nos créations et de l’impact que cela a sur nos actions ou notre travail (c’est un art peut-être pour vous) voire notre vie.

 

Spécialement dans un contexte numérisé, virtuel jusqu’à l’os qui rend même obsolète la notion de propriété intellectuelle ou de création unique.

 

Les idées, les films, les peintures, les photos sont maintenant sur des supports numériques, copiables à l’infini et exploitables comme source « d’inspiration » par d’autres ; tout ceci étant accélérer avec un outil de diffusion mondial en temps réel. Tout créateur ou diffuseur est menacé s’il n’accepte pas cette réalité.

 

Ce qui est valable pour les Arts, l’est aussi pour les industries, les sociétés, bref l’entrepreneuriat.

 

La courte histoire de l’humanité montre à quel point les innovations techniques ont permis à la création, aux arts de connaitre un essor global.

 

PRENONS UN RACCOURCI (dans le temps)

La transmission orale a été remplacée par l’écriture manuscrite, elle-même annihilée  par les presses de Guttenberg auxquelles ont succédées les machines à écrire. Les ordinateurs personnels ont suivi et furent remplacés par des systèmes connectés et mobiles aux puissances de création sans égal : à portée de nos doigts, culture, photographie, films, une caméra, une audience avec qui partager.

 

Nous sommes arrivés au règne des youtubers, instagramers, de la twittersphere… Tous créateurs ! Tous Artistes ! Tous sponsorisés ! Tous reconnus ! Tous adorés / détestés!

 

EXTRAORDINAIRE.

 

Les peintres des grottes de Lascaux, eux, ont créés une fresque unique. La Joconde de Vinci est unique… Mais de nos jours, l’art est une copie à l’infinie portée et disponible pour le plus grand nombre.

 

La grotte de Lascaux a été copiée pour être préservée. La Joconde peut être vue sur Google. Dans les deux cas se sont sans doute la façon la plus sereine de profiter de ces œuvres. Les voir physiquement ou virtuellement a-t-il finalement une réelle importance?

 

L’art n’est plus rareté. L’était-il avant ?

 

Celui qui se croit omnipotent, créateur unique et génial, se trompe. Ray Dalio l’évoque bien dans Principles : notre rapport à la nature, l’acceptation de nos origines et de notre « fonction réelle » ont été perdus avec notre évolution. Nous devons revenir à des choses plus simples.

 

THE WORLD GOES ROUND AND ROUND

 

Notre « Machine » n’est que répétition, et peut se transformer assez facilement un cercle vertueux si nous y prêtons attention : revenir aux bases encore et encore. Affiner nos comportements et nos méthodes.

 

C’est dans notre Nature, nous commettons des erreurs. L’une des plus grandes étant de considérer que nos créations, nos idées soient uniques, en les jugeant simplement comme mauvaises ou fausses. Mais nous devons bien mettre fin à nos incertitudes et à notre frustration liée à une disparition. Ne pas tomber dans le jeu de la nostalgie « c’était mieux avant ».

 

Il faut s’enrichir, apprendre et s’améliorer dans cette vie. Toujours itérer en permanence et ne pas prendre les choses personnellement : comme un programme informatique, pas de sentiment.

 

 

Les pannes se produisent, les erreurs sont commises, la contrefaçon est acceptée, la citation n’est pas nécessaire. Rien n’est permanent, tout n’est que création. Mais ce ne doit pas être pris pour argent comptant ou personnellement : d’autres vivent les mêmes évènements, d’autres créent et disparaissent, d’autres copient.

 

DEUS EX MACHINA, PARDON?

 

Certains s’en sortent mieux que d’autres : c’est là sans doute que se niche le succès.

 

N’ayons pas peur de le dire : les non-dits, les secrets, les réseaux sont autant de mondes cachés qui influencent nos réalisations.

 

Un monde parallèle, une sphère composée d’une “élite” contrôle nos goûts et nos envies. Si nous pensons être en contrôle, nous nous trompons.

 

Il faut savoir lâcher prise, avec grâce si possible, ou mieux de pleine conscience.

 

Si ils pensent nous contrôler, ils se trompent aussi. Il faut savoir saisir le moment pour s’exprimer, faire une déclaration, c’est faire de l’art. Pour ceux d’entre nous qui vivent le privilège de la démocratie, qu’ils sachent l’apprécier… et l’utiliser.

 

Se laisser emporter et embrasser (la) l’(r)évolution. Je parle par expérience, de mon point de vue de Génération X.

 

Quand j’y pense, en quarante ans et plus de vie : le suicide du Rock (Nirvana) et la naissance de la musique pour tous (iPod), les voitures autonomes électriques (Tesla) et la lente agonie de la planète (réchauffement climatique), la naissance de l’ordinateur individuel et sa mise à mort par internet et l’intelligence artificielle.

 

Toute disparition est normale. Nous vivons dans un cycle. La vie n’est qu’éphémère, peut-être pas à l’infinie mais toujours prête au come-back. La vie physique est finie. La Vie Numérique elle n’a que la limite de son support, qui évolue et s’adapte à toutes les conditions.

 

 

Le système tourne seul avec ou sans nous. La “machine” n’est pas contrôlée par des instances supérieures, ceux qui en ont compris le fonctionnement en donne seulement l’impression.

 

Ce monde autorise la créativité sans limite. Il est peu généreux sur la durabilité de votre propriété intellectuelle. Il ne faut pas prendre ombrage si on n’aime pas, si on vous copie ou si votre création ne rapporte pas selon vos critères.

 

Inquiétez-vous plutôt de l’indifférence ou de votre manque d’entrain à poursuivre vos idées jusqu’au bout. Restez dans le mouvement !

 

La créativité vit et meure, une idée à la fois: c’est ainsi, n’en prenez pas ombrage et poursuivez votre création selon vos critères, pas ceux des autres. Vous le savez pourtant : il n’y a que ceux qui ne font rien  qui ne se trompent jamais. Trompez-vous, échouez et reprenez la route, autant que nécessaire !